5 Jun 2012

MuMo reprend la route

Treichville départ

Au sein du plus grand établissement scolaire de Côte d’Ivoire, le plus grand que MuMo ait jamais visité, l’équipe doit déployer des trésors d’énergie et d’adaptation pour mener à bien sa mission : accueillir les 3600 élèves du groupe de Treichville. La fréquentation de l’école par les enfants n’est pas toujours assidue, le climat pas toujours de la partie. Certains jours, les pluies diluviennes rendent les déplacements en ville pénibles. Les classes sont désertes. Journées blanches. Les visites se décalent. Le temps raccourcit. Les élèves qui ne sont pas encore entrés dans le camion viennent régulièrement demander quand vient leur tour, avec un empressement attisé par les récits de leurs camarades qui ont vécu l’expérience. Impossible d’envisager de les laisser sur le carreau. On ajoute des groupes dans la journée, on accélère un peu le temps d’exposition. La fin de l’étape est un marathon. Faire passer tous les élèves. L’équipe doit faire face à la fatigue imprimée par ce rythme distendu et intense.

Après le tumulte des visites, l’atelier d’Emmanuel est un véritable moment de calme et de paix. Les enfants sont à l’aise en sa présence, discrète et bienveillante. En tant qu’artiste, AKE est un pont entre les oeuvres que les élèves viennent de découvrir et la dimension humaine de ceux qui les ont réalisées. Une manière d’incarner des pièces parfois jugées par certains enseignants ” trop abstraites pour être accessibles à l’âge des enfants et difficiles à comprendre pour des non-initiés ” . Emmanuel tente d’expliquer aux enfants le processus de la création, tandis qu’ils en font l’expérience eux-mêmes, en prenant un véritable plaisir à tremper leurs pinceaux dans les couleurs. Comme nous l’avons constaté à l’occasion de nombreuses étapes, ce n’est pas forcément par les mots qu’ils expriment le mieux ce qu’ils ont ressenti. Pour Léonard Kouassi, professeur de philosophie aux Beaux‐Arts d’Abidjan, l’atelier contribue à ” mettre en exergue la vraie valeur de l’enfant. Après la visite, les élèves expriment leurs premières impressions en peignant des œuvres d’une extrême beauté.” Beaucoup essaient de reproduire, à leur manière, ce qu’ils ont vu dans le camion.Lorsqu’ils parviennent à associer différentes inspirations, ils parviennent à réaliser des créations originales.

L’heure du départ de MuMo sonne. Des raisons techniques l’ont avancé avancé d’une journée. L’équipe et les élèves le vivent comme un déchirement. La dernière fermeture du container, le mardi soir, fait couler des larmes. Heureusement, il reste encore deux jours pour organiser une kermesse pour les enfants, afin de symboliser dans la joie la fin de cette aventure au sein de leur école. On invite pour l’occasion les Pataclowns qui étaient venus dans l’école lors du séjour abidjanais de Sam Samore. Le matin de la fête, Isabelle, Roberte, Katy et Emmanuel assemblent et encollent sous la pluie les 48 panneaux correspondants aux 48 classes ayant participé aux ateliers d’Emmanuel. Chaque fresque est remise aux professeurs correspondant, en musique et sous les ovations des enfants.

Treichville panneaux
Treichville kermesse

MuMo a repris la route, pour la première fois depuis longtemps. D’autres enfants l’attendent à Bouaké, 350 km plus au Nord. A Treichville, Souleymane, le petit assistant d’Emmanuel, est redevenu un élève comme les autres, qui reprend sporadiquement le chemin de sa classe, comme à son habitude, mais avec le souvenir inoubliable de son expérience et de l’équipe, avec laquelle il a tissé des liens très forts.

Treichville fresque

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